- 1er janvier 2026 : entrée en vigueur de la décision Arcep n° 2025-2215 (2 décembre 2025) — masquage des numéros mobiles français non authentifiés sur les appels venant de l'étranger.
- 29 janvier 2026 : l'Arcep ouvre une enquête administrative (décision n° 2026-0113-RDPI) visant l'ensemble des opérateurs attributaires de numéros du plan national.
- 531 → plus de 19 000 signalements d'usurpation de numéro sur « J'alerte l'Arcep » entre 2023 et 2025 : première cause de signalement.
- Deux régimes distincts s'appliquent à vos appels sortants : le consentement (code de la consommation, DGCCRF) et l'authentification (CPCE, Arcep). Être conforme à l'un ne protège pas de l'autre.
- Le numéro présenté devient un actif technique à surveiller : sa capacité à être authentifié conditionne la joignabilité de toute l'activité sortante.
Que change exactement l'authentification des numéros pour un appel sortant ?
L'obligation ne date pas de 2026. Elle est posée par la loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020 visant à encadrer le démarchage téléphonique et à lutter contre les appels frauduleux. Cette loi impose deux choses aux opérateurs : authentifier le numéro d'appelant, et couper les appels dont le numéro n'est pas correctement authentifié. Ce second verbe est celui qui change la nature du sujet : il ne s'agit pas d'un label de qualité mais d'une condition d'acheminement.
La mise en œuvre passe par le mécanisme d'authentification des numéros (MAN). L'Arcep en décrit le fonctionnement sans ambiguïté :
« Ce dispositif, mis en œuvre à travers le mécanisme d'authentification des numéros (MAN), repose sur une chaîne de confiance entre opérateurs, qui se transmettent les informations d'authentification apposées par l'opérateur à l'origine de l'appel. La généralisation progressive de ce mécanisme a débuté en octobre 2024. » — Arcep, communiqué du 29 janvier 2026
Deux mots comptent dans cette phrase. Chaîne : chaque maillon doit transmettre la signature, un seul équipement défaillant sur le trajet suffit à la perdre. Origine : la signature n'est pas apposée par vous ni par votre logiciel, mais par l'opérateur qui émet l'appel. Vous ne contrôlez donc pas directement l'authentification de votre propre numéro — vous la subissez via votre fournisseur de téléphonie.
Ce qui est entré en vigueur le 1er janvier 2026
La décision Arcep n° 2025-2215 du 2 décembre 2025, qui modifie le plan national de numérotation, ajoute une couche : depuis le 1er janvier 2026, les opérateurs doivent masquer tout numéro mobile français qui n'a pas pu être authentifié lors d'un appel provenant de l'étranger. L'échéance est repoussée au 1er janvier 2028 pour Saint-Martin. La même décision demande aux opérateurs de définir contractuellement quels numéros leurs clients sont autorisés à présenter, et de restreindre techniquement l'usage aux seuls numéros validés.
À retenir : la conséquence d'un défaut d'authentification n'est pas un avertissement. C'est soit un numéro masqué (décision Arcep), soit un appel coupé (loi de 2020). Dans les deux cas, la campagne sortante ne produit rien — et rien dans votre outil ne vous dit pourquoi.
Pourquoi vos appels peuvent être masqués ou coupés sans que vous soyez en faute ?
C'est le point que la plupart des entreprises découvrent trop tard. L'authentification étant apposée par l'opérateur d'origine, le maillon faible se situe presque toujours en amont de vous : chez le fournisseur de trunk SIP, chez le revendeur, ou dans un équipement de renvoi mal configuré.
L'Arcep le reconnaît explicitement dans sa décision de décembre 2025 : lorsque des équipements de renvoi d'appel ne peuvent pas relayer correctement les données d'authentification, les opérateurs sont invités à masquer l'identifiant d'appelant, à conserver la signature d'origine et à documenter la raison technique. Autrement dit, le masquage est parfois la conséquence normale d'une architecture technique, pas d'une fraude.
Les quatre configurations qui cassent l'authentification
| Configuration | Ce que voit l'appelé | Cause probable |
|---|---|---|
| Numéro FR présenté depuis une plateforme hébergée hors de France | Numéro masqué | Appel « provenant de l'étranger » au sens de la décision du 1er janvier 2026, signature absente |
| Trunk SIP acheté chez un revendeur non attributaire du plan de numérotation | Numéro masqué ou appel coupé | Le revendeur n'est pas l'opérateur d'origine et ne peut pas signer |
| Présentation d'un numéro que vous ne détenez pas (numéro client, numéro de marque partenaire) | Appel bloqué | Restriction contractuelle et technique imposée aux opérateurs par la décision n° 2025-2215 |
| Renvoi d'appel via un équipement ancien | Numéro masqué | L'équipement ne relaie pas les informations d'authentification |
Le symptôme est toujours le même côté entreprise : un taux de décroché qui s'effondre sans explication, sur une base de contacts pourtant valide. La cause est invisible dans les statistiques d'un logiciel d'appel, parce que l'appel part correctement — il est dégradé plus loin sur le réseau.
Consentement ou authentification : lequel des deux régimes bloque vos appels ?
Depuis l'été 2026, deux réglementations pèsent simultanément sur l'appel sortant. Elles n'ont ni le même fondement juridique, ni la même autorité de contrôle, ni le même effet. Les confondre conduit à sécuriser un côté en laissant l'autre ouvert.
| Régime du consentement | Régime de l'authentification | |
|---|---|---|
| Texte | Loi n° 2025-… du 30 juin 2025, art. 13 ; décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 ; code de la consommation | Loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020 ; décision Arcep n° 2025-2215 ; code des postes et des communications électroniques |
| Date clé | 11 août 2026 | Octobre 2024 (MAN), puis 1er janvier 2026 |
| Autorité | DGCCRF | Arcep |
| Objet du contrôle | Avez-vous le droit d'appeler cette personne ? | Votre numéro peut-il être authentifié sur le réseau ? |
| Effet en cas de manquement | Sanction administrative : jusqu'à 75 000 € (personne physique) et 375 000 € (personne morale) | Appel masqué ou coupé, en amont de toute sanction |
| Ce que ça ne couvre pas | Rien sur la joignabilité technique | Rien sur la licéité du démarchage |
La dissymétrie est importante : le premier régime vous sanctionne après coup, le second vous empêche tout de suite. Une campagne 100 % consentie sur un numéro non authentifié ne génère aucune amende — elle ne génère simplement aucun résultat. C'est probablement la panne la plus coûteuse et la moins diagnostiquée de 2026.
Ce qui est réellement nouveau au 11 août 2026, et ce qui ne l'est pas
Beaucoup de contenus présentent comme nouvelles des règles qui s'appliquent depuis mars 2023. Pour éviter de refaire un chantier déjà fait :
- Nouveau : le consentement préalable exprès devient obligatoire, le silence vaut désormais refus, et la liste d'opposition Bloctel disparaît. Le consentement est libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable à tout moment, y compris oralement ; il vaut un an au maximum et la preuve doit être conservée trois ans.
- Pas nouveau : les créneaux autorisés (du lundi au vendredi, 10 h-13 h et 14 h-20 h, hors jours fériés) et le plafond de quatre appels par mois et par consommateur. Ces règles étaient déjà en vigueur.
- Interdit même avec consentement : la rénovation énergétique, l'adaptation du logement au grand âge et au handicap, et l'usage du compte personnel de formation.
Point de vigilance : l'exception « contrat en cours » ne couvre que les appels portant sur l'objet de ce contrat. Un appel d'upsell vers un client existant sur un produit différent sort de l'exception et redemande un consentement.
Votre accueil téléphonique est-il prêt pour 2026 ?
Audit de la configuration sortante, vérification de la chaîne d'authentification, mise en conformité du recueil de consentement.
Demander une démoComment vérifier que votre numéro sortant est correctement authentifié ?
Il n'existe pas de portail public où saisir un numéro pour obtenir un verdict. La vérification est opérationnelle et se mène en quatre temps, du plus simple au plus contraignant.
- Test de présentation réel. Appelez plusieurs mobiles sur des opérateurs différents depuis votre plateforme d'appel, en conditions de production. Si le numéro s'affiche chez un opérateur et pas chez un autre, le problème est dans la chaîne, pas chez vous.
- Question écrite à votre opérateur. Trois questions précises : êtes-vous attributaire de numéros au plan national de numérotation ? Signez-vous les appels via le MAN à l'origine ? Mes numéros présentés sont-ils déclarés et autorisés contractuellement ? La décision n° 2025-2215 leur impose de savoir y répondre.
- Inventaire des numéros présentés. Listez tous les numéros que vos outils sont autorisés à afficher, et supprimez ceux que vous ne détenez pas. Un numéro non détenu est désormais un motif technique de blocage.
- Localisation de la plateforme. Si votre solution d'appel est hébergée hors de France, vérifiez que la sortie d'appel se fait bien par un opérateur français attributaire — faute de quoi vous tombez dans le cas « appel provenant de l'étranger » et le masquage devient automatique.
Lire les bons indicateurs
Un défaut d'authentification ne ressemble pas à un problème de fichier. Trois signaux le distinguent : le taux de décroché baisse uniformément sur toutes les cibles (et non sur un segment) ; il baisse d'un coup à une date précise (mise à jour opérateur) plutôt que progressivement ; et les rappels entrants spontanés disparaissent, parce que l'appelé n'a plus de numéro à rappeler.
Quelles conséquences pour un agent vocal IA en 2026 ?
La conjonction des deux régimes déplace la valeur d'un agent vocal. Tant que l'appel sortant à froid était possible et bon marché, le volume compensait la qualité. Ce n'est plus vrai : le volume sortant est désormais plafonné par le consentement (un an, quatre appels par mois, secteurs interdits) et conditionné par l'authentification. Trois déplacements en découlent.
1. L'entrant reprend la première place. Un appel entrant n'a besoin ni de consentement préalable ni d'authentification sortante : c'est le canal dont la conformité est structurellement la plus simple. Répondre à 100 % des appels reçus devient mécaniquement plus rentable que d'en émettre davantage.
2. Le rappel consenti remplace le cold call. Le formulaire, le clic-to-call et la demande de rappel produisent un consentement daté, spécifique et prouvable — exactement ce que le décret du 23 juillet 2026 exige de conserver trois ans. Le rappel dans les minutes qui suivent une demande est le seul appel sortant dont la conformité ne se discute pas.
3. La traçabilité devient une fonction produit. Horodater le consentement, l'associer à un canal identifiable, décompter les quatre appels mensuels, purger à douze mois et bloquer les secteurs interdits : ce sont des règles de gestion, pas des options. Elles doivent vivre dans l'outil qui déclenche l'appel, pas dans un tableur annexe.
Angle rarement traité : le plafond de quatre appels par mois transforme chaque tentative en ressource rare. Une entreprise qui « brûle » ses quatre appels en composant aux heures les moins décrochées perd son droit d'appeler pour le mois entier, sans avoir parlé à personne. Le pilotage des créneaux devient une contrainte de conformité autant qu'un sujet de performance.
Et l'usurpation dans l'autre sens ?
Les 19 000 signalements de 2025 recensés par l'Arcep ne concernent pas seulement des consommateurs dérangés. Une partie décrit des situations où le numéro d'une entreprise, d'une autorité publique ou d'un établissement financier a été affiché par des fraudeurs. L'Arcep note que les victimes « reçoivent des appels d'inconnus qui leur reprochent des appels frauduleux ou de démarchages, dont elles ne sont pourtant pas responsables ». Pour une entreprise, cela signifie qu'un numéro peut être détruit en réputation sans qu'aucun appel n'ait été émis depuis ses locaux — et que le durcissement de l'authentification est aussi une protection de son propre patrimoine téléphonique.